Thursday, December 11, 2014

 

Des parents terribles avec une mère maudite en plus

JEAN COCTEAU – JOSÉE DAYAN – LES PARENTS TERRIBLES – 2003

La situation de base n’a pas changé cinquante-cinq ans après l’écriture et la première production, mais on est à la télévision, ou dans de la fiction pour la télévision digne de ce nom. Pas de surréalisme déplacé, pas d’effets sur-dramatiques inutiles. La situation rien que la situation, seule et sans aucune déviation ou sans aucun divertissement.

La situation est une situation  de drame au pire et de comédie au mieux de boulevard. Un jeune homme de 23 ans tombe amoureux d’une jeune fille de vingt-cinq. Mais cette jeune fille a une relation avec le père de ce jeune homme, parce qu’il est totalement négligé par sa femme, la mère du jeune homme qu’il a épousé par dépit plus qu’autre chose alors qu’il aimait le sœur de cette femme, donc sa belle-sœur avant même de penser amourette avec celle qui deviendra sa femme et la mère de son fils.


Tout tient dans une seule question. Quand le père va-t-il accepter de dire la vérité et donc de perdre sa petite amie au profit de son fils ? Le fils est typiquement œdipien parce que son père est insignifiant et a laissé son fils développer une passion excessive pour sa mère qui a compensé la distance du père par cette relation œdipienne avec son propre fils.

Le fils finit par vouloir rompre avec ce cercle vicieux et à se libérer de l’emprise maternelle et de l’insignifiance du père sans savoir qu’il littéralement castre son propre père. Plus freudien que moi tu meurs. C’est la tante, belle-sœur et sœur qui sauve la mise en finissant par faire en sorte que le père accepte de dire la vérité.


C’est alors que la comédie à la Labiche tourne au mélodrame car la mère alors s’empoisonne et meurt devant son fils, son mari, sa sœur et la jeune fille en question. Ce film se termine avec une scène trouble entre la mère morte et le fils et une déclaration ambiguë de celui-ci qui laisserait entendre que la relation entre le fils et la mère n’était pas totalement maternelle ou filiale.

C’est bien sûr extrêmement bien joué dans un décor réel tout à fait convaincant. De la belle ouvrage.


Dr Jacques COULARDEAU



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